Extraits

Il est plus facile de voir ce qu’il y a que tout ce qui a tenté d’être.

La diffusion pousse à une convergence d’idées servant d’étendards plutôt que de terreau de réflexion. Pourtant, l’innovation par définition, n’aspire-t-elle pas plutôt à une divergence enrichissante ? La diffusion se fait de plus en plus vite, toujours plus facilement. Pourtant, l’innovation réelle, ne demande-t-elle pas un patient travail de compréhension et d’acceptation ?

Cette narrative se donne comme objectif d’injecter une énergie nouvelle dans la mélasse tiède des courants prédominants de l’innovation. Nous allons contrer l’intelligence artificielle avec une âme éditoriale, nous allons semer le doute parmi les statistiques avec l’irrévérence de l’opinion, nous allons ouvrir l’horizon aux fractales. C’est au coeur d’une expérience complète dans l’antre d’un écosystème local jonché tout autant d’espoirs liquidés que de réussites florissantes que je vous propose de vous aventurer.

Tous les aspects du quotidien sont susceptibles de passer au scalpel de la démarche d’innovation qui se trouve dès lors à la portée de tous ; pas nécessairement dans le but de perturber, mais celui de dynamiser des habitudes assoupies, de lustrer les postures décolorées, de maintenir une distribution saine du pouvoir.

La technologie accompagne l’innovation mais n’en détient pas le monopole. Chacun peut innover dans la vie de tous les jours, de son canapé ou au travail, en mettant la télévision à la décharge ou en ne lisant ses courriels qu’à partir de midi : c’est changer quelque chose de bien établi. A l’époque de Jeanne, le canon circulait déjà depuis belle lurette. Ce n’est pourtant pas son utilisation mais une innovation d’organisation qui marqua la bataille d’Azincourt en 1415. Des archers disposés de manière nouvelle firent bien plus de mal que le vacarme des canons. Ce fut donc une question de comportements qui scella le sort de la bataille, la noblesse persuadée que la guerre courtoise ne céderait jamais au pragmatisme de la piétaille. Nous en revenons donc toujours à l’humain qui initie l’innovation ou y résiste.

Au temps de Jeanne, les garçons de la famille trouvaient vite leur destin. Le plus tumultueux s’engageait dans l’armée, le plus rêveur dans les ordres et le plus sage labourait la terre. L’armée de métier n’est plus là pour donner libre cours à l’énergie du plus révolté. L’innovation par contre s’avère être un terrain propice où il peut dépenser sans compter son énergie pour changer le monde, un endroit parfait pour un passage de flambeau où l’innovation destructrice peut s’exprimer sans frein. Jeanne serait-elle partie pour se soulager de sa mère, fuir son caractère étouffant ou son refus de céder la jeunesse à sa fille ? Cela ne se dit pas. Pourtant nous touchons au coeur de l’innovation associé au changement charrié par le temps. La jeunesse avec ses cellules encore volatiles comme des pollens en rut virevoltant au vent saura bien mieux trouver le pistil des temps nouveaux et réaligner la perception avec les trames changeantes des mailles du monde.

Jeanne se donna le temps tout comme elle s’imposa l’urgence. Ces deux états se trouvaient imbriqués. Elle vit le nécessaire et sans discontinuer en dessina le chemin. De grosses mailles à ses débuts, brutes comme des esquisses floues hésitantes chevauchant des champs de possibles, elle se retint de se priver d’une voie ou d’une autre. Il y a autant de voies à l’innovation qu’il y a de prophètes. Celle qui se dévoile dans le récit à venir s’articule autour d’une superposition, une dualité à conquérir, d’incertitudes à nourrir, de suppositions enlacées à des gestes imbriqués. Elle commence par un regard posé au-delà de l’horizon, d’une résistance au confort des certitudes. Elle prend la forme et la cohérence d’une oscillation enjouée tout comme d’une tension provocante. Occupant tout l’espace, elle s’empare de l’horizontal comme du vertical, rapprochant le geste à la vision et l’urgence à la patience.

Ce n’est pas l’atteinte de l’objectif à elle seule qui dicte la progression, mais son alliage avec l’impératif du temps, avec qui elle négocie, discute et se bouscule

Se fier à ce que le survivant a accompli sans tenir compte de ce que les autres ont initié revient à se méprendre sur le monde et mal comprendre où réside notre pouvoir d’accentuer le destin.

Autant de projets qu’il peut y avoir d’actions. Et le cimetière des actions perdues, des efforts sans résultat, des rêves éplorés ? Quelle importance peut avoir tout ce que l’on ne voit pas comme ces objets volants qui depuis longtemps ne sont plus ? Autant que l’histoire ! Celle d’offrir une relativité à toute chose, à découvrir l’origine d’une pratique et par là sa vulnérabilité. L’effort déblaie l’horizon, il libère des automatismes et offre des options. Comprendre l’étendue des origines permet de percevoir l’amplitude de la tâche et de souligner l’impératif du temps. Ce n’est pas que l’on ne sache pas faire, c’est que parmi les milliers de choix d’action, on ne sait pas par quoi commencer, on flirte avec l’immensité, on découvre l’indétermination. Accueillons la avant qu’elle ne nous cueille

Curieux ce paradoxe, que d’un côté nous rejetions comme délirant toute solution nouvelle, alors que de l’autre nous nous adonnions à la révérence de concepts désuets portés uniquement par la force inertielle. Charles patine, la Loire tient à peine tête, le conflit s’éternise mais on s’y habitue.

Quelles sont ces forces qui entretiennent l’immobilité? Quelles structures forment les remparts de nos réticences? A quelle source puisons-nous l’énergie à freiner de nos quatre fers?

Innover revient à construire des processus auto-subsistants. Il y a des points de passage, des écluses, un chemin bien déterminé, la liberté de descendre à tout moment, et au final une récompense.

Tout est énergie et innover n’est qu’une façon nouvelle de la canaliser, en modifiant les champs existants, en puisant des courants nouveaux encore cachés sous les courants prédominants, en rasant le paysage d’un nouvel emballage excitant. Avec la sonde de notre curiosité nous pouvons détecter ces signaux faibles cachés sous la chorégraphie du quotidien. 

Innover est un travail éreintant, en particuliers lorsque l’aventure touche aux limites de la découverte. Il faut renouveler non pas une fois, ni deux, mais trois fois l’effort initial, pour concevoir la bonne route ou la bonne canalisation.

L’Investment push coule à flot, le Generation Push renverse la polarité, le Training Push conceptualise ses champs, les façonnant plus à leur métier qu’au besoin du terrain et le  Structural Push fait le moine en lieu et place de l’habit. Au-delà donc du Technology Push, il existe donc d’autres forces à pousser leur énergie dans des directions qui ne s’avèrent pas toujours en adéquation avec ce que demande le destinataire final, le consommateur. 

Comprendre les canaux, les champs de forces et les motivations constitue la base de notre aventure. Comment l’énergie se conserve, comment elle se perd et se diffuse. L’énergie potentielle que l’on peut siphonner. Que propose-t-on avec notre solution miracle ? Champs de problèmes, d’opportunité, d’optimisation ou de distraction ? Il y a des courants dominants, des courants de fond, des déviations et des courants contraires. Les courants s’entremêlent d’où émergent des turbulences. La notion de collectif avec l’open innovation constitue un bon exemple de courant de fond.

L’inertie, c’est le graal de toute entreprise, c’est son rêve absolu. Dans les trémolos de l’inconscient, tout dirigeant rêve de cet état de béatitude où tout serait à sa place et le repos enfin permis. Nous rêvons tous d’un état d’inertie où une fois lancé notre projet grandiose poursuivrait son destin libre de toute friction, tout droit sur un chemin tracé comme un sillon menant vers un monde de béatitude.

Au final, peu importe innover. Peu importe apporter une nouvelle technologie ou introduire une nouvelle façon d’opérer. La question première consiste à répondre à un besoin. Si tout fonctionne, l’innovation est une option, pas un impératif. Le souci c’est de comprendre ce qu’est ce besoin. Il est très différent de l’attente et surtout de la demande, qui elle-même n’est qu’une pale restitution de tout ce qui grouille en nous. L’inertie demande à changer, mais ce n’est pas son besoin.

Ces déboires abreuvaient suffisamment le moulin des détracteurs. Les acrimonieux en embuscades, les défaitistes trônant sur leur médiocrité, les assoiffés guettant le faux pas, le spectacle de la défaite et la saveur du sang promettaient tellement plus de joie.

Porter une mission engendre une aura que nul ne peut ignorer. Les récipients de la bonne parole ne sauront pas toujours décrypter les données, mais l’amplitude des trémolos ne leur échappera pas. Innover implique de se faire désirer ; c’est donner l’impression que l’on porte un feu sacré et offrir à l’autre l’opportunité d’en faire acquisition. Ainsi, même à subir et voir les changements de direction, les ajustements de trajectoires ou les raccourcis douteux, vos fidèles vous suivront tout empreints qu’ils sont de votre passion

On ne peut se donner du mouvement dans les itérations que si l’on se donne de la continuité dans la vision ou tout autre point focal distant, hors de portée des élucubrations du quotidien.

Table

1 – Architecture – Où l’on passe de la voiture au cheval, des touches à l’écran tactile.

1.1 – Matière – Comprendre ce qui est mais que l’on en voit plus et ce qui est à venir que l’on en voit pas encore.

1.2 – Energie – Business modèles, aqueducs et autres cheminement de valeur.

1.3 – Mission – Avant de s’éloigner, revenir à la source, le pourquoi de tout geste.

2 – Acceptation – Où l’on passe des sourires encourageants ou des likes gratuits aux résistances saillantes ou aux compromis inattendus

2.1 – L’inconnu (e) – Se confronter au réel, monter au créneau, découvrir que le monde n’est pas nécessairement en accord avec nos illusions ;

2.2 – Introspection – Se confronter à soi, descendre dans les méandres de nos envies et de nos désirs, faire face au premier frein vers le succès : soi-même.

2.3 – Charnière – Construire les articulations, créer des charnières der manières à connecter les experts et les visionnaires.

3 – Accélération – Où la taille change la nature de la chose, où le regard transforme et la politique émerge

3.1 – Ambition – Sa nature, sa réalité, son ampleur et son écho. Est-elle partagée, timorée, extravagante ou seule ?

3.2 – Espaces – Quel potentiel, quel envergure, quelle portée et sur quels continents.

3.3 – Décohérence – Point de félicité où l’inertie prend les rênes

Protagonistes

Jeanne

Jeanne de Domrémy

CEO

Startuppeuse

Elle porte la vision, elle donne corps à l’impossible. Avec son courage et sa détermination elle mène les troupes en ces derniers jours de siège vers la victoire pour ensuite aller sacrer le roi à Reims.

Jean de Dunois dit le Bâtard d'Orléans

CTO

Steve Wozniack du combat

Jean défend Orléans depuis des mois. Il connait tous les détails du siège. Malgré la lassitude, les troupes gardent confiance en lui. Il leur manque juste une petite étincelle.

Jehan Montesclerc

Chief Innovation Officer

Maître Couleuvrinier

Le siège d’Orléans aurait-il été différent sans Jehan maître Couleuvrinier ? Les Anglais aurait-il réussi leur siège si cela ne tenait à cette arme secrète dont ils ignoraient la nature ? Suivez cet innovateur hors pair qui dut discrètement changer le destin de France.

Yolande d'Aragon

Belle-mère de Charles VII

Business Angel

Yolande d’Aragon eut une influence importante sur Charles VII. Elle finança en partie les efforts de Jeanne d’Arc.

Charles le Dauphin

Futur roi Charles VII

Main Stakeholder

Principal intéressé, même si la paix du royaume est en jeu.

Ce qu’ils en disent

..c’est très très bien écrit. Le style est très agréable à lire et très fin. J’aime beaucoup.

Luc Marta de Andrade, Uneed

Bibliographie

  • Capitalism without Capital, Jonathan Haskel & Stian Westlake
  • Amiel Kornel, Spinning into Control
  •  https://fr.wikipedia.org/wiki/Biais_du_survivant
  • The Innovator’s Dilemma, Clayton M. Christensen
  • The Four Steps to the Epiphany : Successful strategies for products that win, Steve Blank
  • The Lean Startup, Eric Ries