Surfant sur le marché de l’innovation, Zeplace se positionne comme la référence en matière de soutien aux structures d’accompagnement de jeunes pousses. Cette nouvelle initiative arrive à port nommé sur un marché fortement à giter.

Jamais on avait vu une telle effervescence sur ce marché depuis l’époque où le seul incubateur régional flottait serein sur la calme flaque de l’innovation, fortement tranquillisée après l’explosion de la dernière bulle. A cette époque, seuls quelques corsaires téméraires scrutaient l’horizon à la recherche d’une pépite propre à pétiller et donner du Kraken.

Ces temps révolus ont laissé la place à une effervescence d’offres en tout genre. Incubateur, accélérateur, coworking ; ralentisseur, en entreprise, en école de commerce, toutes les formes sont permises. L’étal regorge de variétés. Mais si la concurrence est souvent synonyme de marché et de croissance, elle souligne aussi la nécessité de sortir du banc et de se différencier.

Frais comme un gardon, Philippe Marteau, CFO de Zeplace, nous accueille dans leurs nouveaux locaux. D’emblée il rappelle les fondamentaux. « Ils sont nombreux à vouloir lancer leur filet et remonter tout ce qui bouge. Nous, nous sommes là pour leur rappeler l’importance de focaliser leur attention sur un créneau précis, lancer quelques lignes et s’assurer que ça mord ! »

En effet, de nombreuses structures apparaissent tous les jours sans avoir identifié leurs cibles. Entre les têtards au stade embryonnaire, les truites bien en aval, et tous les stades de maturité intermédiaire, savoir à quel endroit pêcher relève du défi stratégique. «  Nous sommes là pour les aider à y voir plus clair, à écumer, poursuit Philippe Marteau. Car à cette difficulté s’ajoute celle de trouver son business modèle. »

Un de leurs premiers porteurs, l’Inhumateur Mini-Pyrène, avoue qu’il a brûlé toutes ses cartouches. « Depuis le temps, on s’est forgé une réputation, un mythe même. Mais la poudre à pris l’humidité, nous confie Goliath Maraiche. C’est comme les requins-marteau et les tortues, c’est hasbeen ! Les jeunes veulent du sushi moléculaires, pas du vieux grison! Nous sommes donc venus ici dans l’espoir de revoir notre identité et rafraichir la façade avec l’une deux leurs deux agences de communication partenaires de Zecom, Potemkom ou Cachealeau. »

Zeplace peut se targuer d’avoir recruté un beau brochet de candidats, parmi lesquels se trouvent Occitamie. « Notre stratégie, c’est de travailler sur la mortalité infantile, afin de nous débarrasser au plus vite de la petite friture, nous confie Benoit Beyt. A cette fin, nous avons développé un autoclave qui combine pression, humidité et température. Nous y cyclons les porteurs afin de voir qui tiendra. Notre PHOC s’est montrée concluant avec un taux d’éradication de 100% !»

En déambulant à travers les locaux, nous découvrons les motivations qui amènent les différentes structures.

Cyril Dupont de l’Agence Mer rouge peine à jeter un passage vers une terre promise. « Je crois que notre approche est trop innovatrice » confie-t-il. « Nous avons du mal à convaincre de notre vision, l’inertie est trop forte. De ce fait, il est difficile de joindre les deux bouts ! » Quand on lui demande quelle est sa vision, il prend de la hauteur. « Vu d’ici, c’est clair, il faut se jeter à l’eau ! » avant de rajouter « Mais c’est un sacré sceau. On s’est bien marée, mais il est peut-être temps d’adopter une solution haddock, quitte à sauter à deux ! ».

Avant de poursuivre notre navigation parmi les poufs, les tables de ping-pong et les allées de curling, Philippe Marteau nous offre verre de leur breuvage maison, le Nezaugarum. « C’est une mixture de poisson pourri pour nous rappeler tous les écueils précédents, la matière noire de l’océan en somme. » Lui demandant d’où venait le brevage, il confirme qu’il a été envoyé par avion de la côte Ouest des US. « Nous, nous n’avons que du garum, et ça ne parle pas trop à nos porteurs. »

La structure Per Fusion, qui n’est pas sans rappeler l’aquarium du géant Fiddle, adopte pour sa part une approche originale qui consiste à nourrir à petites goutes ses propres porteurs dans une ambiance cozy et relax. « Dans ce lieu, on ne broie pas du noir, nous confie Anna Pire. Nous avons tout le temps et l’argent qu’il nous faut, donc pas de stress ! »

Mareathon se donne une vision à long terme. Ce ralentisseur mise sur les projets fortement innovants et pour lesquels la période de macération du projet peut prendre deux ou trois ans avant même de présenter une version bêta. Les porteurs viennent dans ses locaux une fois par mois pour un verre d’eau et repartent au courant.

Entassés comme des sardines dans un petit bureau, on retrouve les fondateurs de l’accélérateur Inabox. Fondée par plusieurs cadres d’une grande école, cette structure se plaint du manque de postulants. « La récolte a été maigre. Pourtant nous proposons des outils de première classe, des méthodologies, des processus et des cadres bien éprouvés. Malgré cela, notre dernière récolte de candidatures s’est avérée bien maigre, s’épanche Marc Rouget. Même si nous avons un peu de mal avec l’open space, nous espérons trouver ici des clés pour nous aider. »

La structure Baraccuda se focalise pour sa part sur les porteurs ambitieux aux dents longues. « Nous ne pensons pas que la gratitude et l’entre-aide soit des critères essentiels à la réussite. Au contraire, nous pensons que l’avenir appartient à ceux qui savent prendre sans donner en retour, assène Lutin Desmarais. D’ailleurs on espère venir prendre des idées de Zeplace pour pouvoir ensuite le dupliquer en mieux ! »

De son côté l’Hipocamp se vante d’avoir crée le premier accélérateur sous toile. « C’est un espace qui libère l’esprit. De plus, quand nos porteurs commencent à prendre la vitesse, ça évite de se prendre les murs, explique Julie Bardot. Pour notre part, nous espérons trouver ici quelques piquets ! »

Quand on lui demande s’il est difficile de trouver des postulants à ce nouveau programme, Philippe Marteau ne se démonte pas. « Ce n’est pas comme s’il fallait les haranguer Quai de la Daurade ! » Confiant, il enfonce le clou. « Au contraire, on va mettre le turbot avec un nouveau concept de Pop-Up Incubateur pour PME ! » A la question de savoir si ce n’est pas un peu incongru, il se montre confiant. « Elles ont le potentiel d’innover, il suffit de leur tendre la perche pour qu’elle se lance ».

Le business s’annonce florissant pour Zeplace. Ils refusent des postulants, cherchent des locaux pour s’agrandir, et envisagent même d’exporter leur concept à Paris. L’éventualité d’un ralentissement après la première poussée ne l’inquiète pas non plus. « Advienne ce qu’il advienne, lance-t-il. On avance a vau-l’eau, au fil de l’innovation. Carpe et Diem ! »

Propos recueillis par Cumulus Infos

 

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